Rénovation
Rénover une longère normande : les pièges à éviter
Le bâti ancien ne se rénove pas comme une maison des années quatre-vingt. La plupart des désordres que nous rencontrons viennent de travaux récents faits avec les bons matériaux au mauvais endroit.
La règle d'or : un mur ancien doit respirer
Les murs en pierre hourdés à la terre ou à la chaux gèrent l'humidité en la laissant s'évaporer. Tout ce qui bloque cette évaporation crée un problème.
C'est pourquoi le ciment est l'ennemi numéro un de la longère : un enduit ciment emprisonne l'eau dans le mur, qui ressort plus haut, gèle en hiver et fait éclater la pierre. La chaux, elle, laisse passer la vapeur.
L'isolation, sujet délicat
Isoler par l'extérieur une façade en pierre apparente est généralement exclu, pour des raisons patrimoniales autant que techniques. L'isolation intérieure est possible, à condition d'utiliser des matériaux perspirants — chaux-chanvre, fibre de bois, liège — et jamais un pare-vapeur étanche plaqué contre la pierre.
Une laine minérale posée entre un mur ancien et un placo sans lame d'air ventilée finit humide en quelques hivers.
Les points à traiter en priorité
Avant l'esthétique, sécurisez le bâtiment :
- La couverture, qui protège tout le reste
- L'évacuation des eaux pluviales, souvent absente ou bouchée
- Le drainage en pied de mur
- La reprise des linteaux et des appuis dégradés
- La ventilation, indispensable dès qu'on referme le bâti
Compter juste
Une rénovation lourde de longère coûte souvent autant qu'une construction neuve au mètre carré, parfois davantage. On ne rénove pas ce type de bâti pour faire une économie, mais pour conserver un caractère qui ne se reconstruit pas.
Faites établir un diagnostic complet avant d'acheter si c'est encore possible : c'est le meilleur investissement du projet.